Ouvert le mercredi dernier sous la présidence du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, le Forum Panafricain des Médias 2026 bat son plein au Centre international de conférences de Bamako (CICB), Cette rencontre d’envergure réunit plusieurs personnalités venues d’Afrique ainsi que des professionnels des médias de l’intérieur du pays.
Les échanges de la première journée ont porté sur les enjeux majeurs auxquels fait face la presse africaine dans un contexte marqué par les mutations technologiques et les aspirations à une plus grande souveraineté informationnelle.
Sur la thématique “guerre informationnelle : construire une narration africaine souveraine”, Dr Fatoumata Fofana, Maître de conférence à l’école supérieure du journalisme et des sciences de la communication (Esjsc), a souligné dans son intervention des forces et faiblesses du journalisme africain. Elle pense que les systèmes de formation hérités de la colonisation demeurent largement inspirés des réalités et des références culturelles occidentales. Selon elle, il est aujourd’hui nécessaire pour les pays africains de repenser leurs modèles de formation afin de mieux les adapter aux contextes socioculturels locaux.
« L’Afrique dispose aujourd’hui d’un nombre important d’écoles de journalisme. L’enjeu n’est plus seulement de former, mais de former selon nos réalités et nos besoins », a-t-elle expliqué.
De son côté, Seydou Cissouma, membre de la Haute Autorité de la Communication (HAC), a développé la thématique de l’autorégulation et de la corégulation comme leviers essentiels pour garantir une information responsable et crédible.
À travers plusieurs exemples tirés de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Sénégal, il a mis en lumière les avancées réalisées par ces pays dans la mise en place d’organes d’autorégulation performants. Le modèle sénégalais, en particulier, a été présenté comme une expérience inspirante dont pourraient s’inspirer d’autres pays africains, notamment le Mali.
Selon lui, les responsables des médias maliens doivent davantage s’investir dans l’organisation et le renforcement des mécanismes d’autorégulation afin de mieux répondre aux défis auxquels le secteur est confronté.
La question sensible de la liberté d’expression a également été abordée par Alexis Kalambry, directeur de publication du journal Mali Tribune. Il a rappelé que cette liberté demeure un défi permanent pour les médias africains.
Pour lui, la protection de la presse passe nécessairement par des investissements accrus dans la formation, notamment dans le domaine du journalisme numérique et de l’éducation aux médias. Il a également plaidé pour la mise en œuvre de programmes de formation continue permettant aux professionnels des médias de s’adapter aux nouvelles exigences du métier tout en préservant les principes fondamentaux de l’éthique journalistique.
Cette première journée du Forum Panafricain des Médias 2026 a ainsi permis de mettre en évidence les défis majeurs auxquels la presse africaine est confrontée : adaptation des formations aux réalités locales, renforcement de la liberté d’expression, promotion de l’autorégulation et accompagnement de la transformation numérique. Autant de sujets qui continueront d’alimenter les réflexions durant les travaux du forum.
Korotoumou Doumbia