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Second tour de l’élection législative du 19 avril 2020 : Des responsables politiques dénoncent le « bourrage d’urne », le « banditisme électoral » Par Lerepublicainmali – Date: 27 Avril 2020 2 réactions

Le second tour de l’élection législative s’est tenu, le 19 avril 2020, sur les 43 circonscriptions restantes au Mali. A la suite donc du scrutin, des responsables politiques aussi bien que des organisations de la société civile sont montés sur le créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « bourrage d’urne », de « banditisme électoral », de « fraude électorale » dans certaines circonscriptions électorales à travers le pays. Parmi les dénonciateurs, on peut citer Tiéman Hubert Coulibaly de l’UDD, Oumar Ibrahima Touré de l’Alliance Pour la République (APR), Moussa Timbiné du RPM, Oumar Mariko du SADI, le parti Codem dirigé par Housseini Amion Guindo, le Collectif des Associations de la Plateforme « SIGIDA HERE », piloté par Mahamadou Niaré.

Dans une déclaration rendue publique par l’Union pour la Démocratie et le Développement (UDD), le 22 avril 2020, le parti dirigé par l’ancien ministre, Tiéman Hubert Coulibaly dénonce les cas de fraude lors du deuxième tour de l’élection des députés dans la circonscription électorale de Tenenkou. Au cours du scrutin du 19 avril dernier, l’UDD dit avoir constaté que dans la commune urbaine de Tenenkou, au bureau numéro 1 de Kotiya, le président de bureau a été pris en flagrant délit de bourrage d’urne. Au cours du dépouillement, ajoute le parti, deux lots de 10 bulletins collés votants URD-RPM ont été retrouvés. «Dans le même bureau le nombre des votants et celui des bulletins étaient incohérents. De commun accord, il a été décidé par tous, y compris les observateurs de la CENI, de l’annulation du scrutin dans ce bureau », souligne le président de l’UDD. Pour le village de Tenema dans la commune de Diaka où le processus de vote a été interrompu par des hommes armés vers 09h, Tiéman Hubert Coulibaly a fait savoir que le préfet a demandé l’annulation de tous les bureaux à l’exception du chef-lieu de la commune pour des raisons de sécurité. « C’est ainsi que M. Bakary TRAORÉ assesseur de l’alliance RPM-URD est reparti avec l’urne à son domicile pour y procéder au bourrage en complicité avec le président de bureau M. Amadou TAMBOURA afin transmettre un PV de dépouillement à la centralisation le lundi vers 14h avec les résultats d’un vote qui n’a jamais eu lieu », a déclaré Tiéman Hubert Coulibaly. Dans la commune de Dia, le parti UDD indique qu’à l’exception du chef-lieu de la commune, la ville de Dia elle-même, aucun autre bureau de vote n’a pu fonctionner normalement pour des raisons de sécurité (un constat d’huissier a été fait comme pour le cas de Tenema). Concernant le village de Dioboye dans la commune de Sougoulbé, dit-il, à la demande du préfet lui-même, un constat d’huissier et deux témoignages avaient établis la non-ouverture des bureaux de vote et que personne n’y avait voté ! « Au résultat du, 200 voix fraîches et opportunes sont fournies au bénéfice des perdants ! Au regard de ces regrettables constats, l’UDD appelle les autorités maliennes à la vigilance, pour permettre l’expression de la volonté des populations de Tenenkou, car ces élections sont supposées participer au règlement de notre crise et à la pacification de notre pays. Rappelant à tous les acteurs nationaux que les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets, l’UDD exige que les voix artificielles créées soient annulées et que puissent siéger à l’Assemblée nationale ceux qui ont été effectivement désignés par le Peuple. Car, l’injustice d’aujourd’hui produira inévitablement le conflit de demain », a souligné Tiéman Hubert Coulibaly.

« Ces faits gravissimes mettent à mal le vivre ensemble et la cohésion sociale »

Rompant avec sa réserve habituelle, le parti Alliance Pour la République (APR) informe l’opinion nationale et internationale qu’il a été lésé dans ses droits politiques, électoraux, juridiques et citoyens dans la circonscription électorale de Gourma Rharous. « Notre candidat avait gagné dès le premier tour, résultats à l’appui, victoire confisquée par la Cour Constitutionnelle. Parti fidèle à son esprit républicain, croyant au début en la bonne foi des acteurs administratifs dont le Gouverneur de région, le Préfet et la Cour Constitutionnelle, a accepté d’aller au second tour, avant de comprendre par la suite que c’était fait à dessein. En effet, au second tour, ce banditisme électoral s’est poursuivi par des pratiques honteuses se caractérisant, entre autres, par l’intrusion visible de l’administration régionale, le bourrage des urnes (cas des 11 bureaux de vote de Benguel), la confiscation et la destruction du matériel électoral, une déclaration publique avec preuve sonore du candidat du RPM, déclarant tout faire pour empêcher le déroulement du scrutin du second tour dans des communes dont Gossi. Pis, l’administration régionale et locale, garante de la bonne organisation du scrutin et de la neutralité, a fait une intrusion scandaleuse en faveur du candidat du RPM, privant les communes de Gossi, d’Adjora et d’Inadjatafane de leurs droits de vote », a martelé le président de l’APR, Oumar Ibrahima Touré, dans un communiqué. La veille du scrutin, dit-il, le matériel électoral d’Inadjatafane a été confisqué et retenu à Tombouctou sur instruction du Gouverneur de la région. «Joignant l’acte à la parole, sur ordre du candidat du RPM le matériel électoral destiné aux communes de Gossi et Adjora a été intercepté et brûlé à une dizaine de kilomètres de Gourma Rharous. Bien qu’ayant été informé par nos soins de la déclaration du candidat du RPM, l’administration n’a pris aucune disposition pour sécuriser le matériel électoral destiné à Gossi et Adjora. A cela s’ajoute les menaces et les intimidations faites par le Gouverneur de Région à l’encontre de certains Maires leur exigeant de voter et de faire voter pour le candidat du RPM », a dénoncé Oumar Ibrahima Touré. Aux dires du président de l’APR, ce « banditisme électoral » avait été prémédité par une déclaration publique du candidat du RPM, préparant la destruction du matériel électoral dans les localités favorables à son adversaire. « Nous précisons qu’à toutes les étapes le Président de l’APR a pris le soin d’informer le Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, le Secrétaire Général du dit département, le Gouverneur de Région et même le Président du RPM. Mais peine perdue ! L’APR informe l’opinion nationale et internationale que ces faits gravissimes mettent à mal le vivre ensemble et la cohésion sociale dans ces communes privées de leurs droits électoraux et constitutionnels. L’Alliance Pour la République, l’APR rassure tous ses militants et sympathisants qu’il usera de tous les moyens légaux et politiques pour défendre sa victoire volée », indique le communiqué de l’APR. En commune V du district de Bamako, Moussa Timbiné du RPM dénonce des cas de fraude électorale et rejette le résultat provisoire proclamé par le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation. Idem à Kolondièba (Sikasso) où Dr Oumar Mariko du SADI rejette les résultats provisoires. Le parti Codem de Housseini Amion Guindo dénonce également des cas de « bourrage d’urne » dans certaines communes de la circonscription de Koro. Le Collectif des Associations de la Plateforme « SIGIDA HERE », une organisation de la société civile, pilotée par Mahamadou Niaré, Président du Mouvement Antôrôla dénonce aussi des cas de fraude en commune II de Bamako. Autant dire que la cour constitutionnelle a du pain sur la planche.

Aguibou Sogodogo

Le republicain

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