décembre 8, 2022
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Hausse des prix de l’alimentation, l’autre recul

mali24

Celle-ci entraînerait des difficultés conséquentes pour les ménages notamment les plus pauvres, et mieux, les ménages vivant dans les zones à conflit où l’insécurité est plus forte. Aux dires des mêmes analystes de l’institution suprême mondiale, la sous-alimentation a « fortement augmenté en Afrique subsaharienne ces dernières années, en raison des chocs économiques, des violences et des conflits ainsi que de conditions climatiques extrêmes ». Pour être plus exact sur les chiffres, « en Afrique, plus d’une personne sur cinq souffre de la faim et le nombre des personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë a été estimé à 140 millions en 2022, contre 120 millions en 2021 », selon les indications du Rapport mondial sur les crises alimentaires, publié en milieu d’année.

Ces crises étroitement liées arrivent à un moment où les gouvernements n’ont quasiment plus de marge de manœuvre budgétaire pour financer une réponse efficace. Si certains pays disposant de ressources naturelles ont pu profiter des prix élevés des matières premières pour améliorer leur bilan, beaucoup d’autres ont épuisé les réserves publiques avec les programmes précédemment mis en place pour contrer les répercussions économiques de la pandémie. Ou encore se sont endettés, avec de forts taux d’intérêts, alerte la note. 

Selon la Banque mondiale, des points plus saillants 

En 2022, la dette devrait rester élevée en Afrique subsaharienne, à 58,6 % du PIB. « Les gouvernements africains ont consacré 16,5 % de leurs recettes au service de la dette extérieure en 2021, contre moins de 5 % en 2010 » peut-on comparer grâce aux indicateurs de la banque mondiale. D’après l’organe, « huit des 38 pays de la région admis à bénéficier de l’aide de l’IDA sont en situation de surendettement, et 14 risquent fortement de les rejoindre ». 

Par ailleurs, dans un contexte de coûts d’emprunt élevés, il devient difficile d’emprunter sur les marchés nationaux et internationaux, aggravant davantage la situation économique, « Tandis que le resserrement des conditions financières mondiales affaiblit les monnaies et augmente le coût des emprunts externes pour les pays africains ». Dans ces circonstances difficiles, il est essentiel de comprendre la nécessité d’améliorer l’efficacité des ressources naturelles existantes et d’optimiser les impôts. 

De l’espoir malgré tout !

Dans le secteur de l’agriculture et de l’alimentation notamment, les gouvernements peuvent « s’attacher à protéger le capital humain et favoriser une production alimentaire plus résistante aux aléas du climat, en arrêtant les subventions mal ciblées » pensent les analystes de la finance mondiale, qui optent  pour la réorientation des dépenses publiques vers des programmes de protection sociale intégrant la nutrition, des travaux d’irrigation et des efforts de recherche et développement, qui ont l’avantage d’un serein retour sur investissement.

En effet, constate la banque mondiale, un dollar investi dans la recherche agricole génère, par exemple des gains équivalents à 10 dollars. De même, les bénéfices des investissements consacrés à l’irrigation ont un fort potentiel en Afrique subsaharienne s’assure l’institution. La réorientation des priorités permet de « maintenir le niveau des dépenses dans des secteurs essentiels, tout en augmentant la productivité, en renforçant la résilience aux changements climatiques et en œuvrant pour garantir la sécurité alimentaire pour tous » assurent les analystes qui sont convaincus que l’instauration d’un environnement plus propice à la croissance de l’industrie agroalimentaire et la facilitation du commerce intra-africain, sont « des moyens d’augmenter la sécurité alimentaire à long terme dans une région qui est très dépendante des importations de denrées alimentaires ».

Ousmane Tangara

Le challenger

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